Samedi matin, petite grasse matinée, un peu de travail et ensuite je suis allée à la salle de sport. J’entends d’ici les commentaires sarcastiques sur ma pratique (ir)régulière du sport...et bien j’aurai mieux fait de rester couchée ce jour là ! En posant mon pied « de travers » sur un tapis, je me suis violemment tordu la cheville. Après un moment pour reprendre mes esprits, ça allait à peu près, j’ai bien serré mes chaussures, pas trop appuyé sur le pied et je suis allée à une séance de cinéma que j’avais réservé depuis un moment.
Du 17 au 28 avril, le Festival de TriBeCa battait son plein dans Downtown Manhattan. C’est un festival de cinéma crée en 2002 par Robert De Niro et qui privilégie le cinéma américain indépendant. Encore quelque chose que je regarde depuis des années depuis mon écran d’ordinateur et que je ne pensais jamais voir en vrai. Il parait que le festival a été crée pour donner une nouvelle vitalité au Lower Manhattan qui a été fortement affecté par les attentats du 11 septembre.
Je suis allée à une projection un peu particulière, c’était la présentation d’un jeu vidéo qui sortira fin 2013. Si ce jeu, intitulé Beyond : Two Souls, a sa place dans un festival de cinéma, c’est parce que ce n’est pas un jeu de guerre ou de logique, c’est un jeu sur le mode du « Story Telling » c'est-à-dire qu’une histoire découle des choix faits le joueur. Les personnages ont été réalisés par motion capture par ordinateur et sont basés sur les gestes et les expressions de vrais acteurs.
Ceux-ci étaient d’ailleurs présents et j’ai pu voir Ellen Page, une actrice canadienne qui est principalement connu pour ses rôles dans Juno, X-Men ou Inception. Ils ont fait un montage d’une demie-heure du jeu puis le réalisateur et les acteurs ont répondu à des questions du public. C’était très intéressant de se voir expliquer le processus de création du jeu qui a nécessité des années.
Dimanche matin, quand je me suis réveillée, ma cheville avait doublé de volume, ce n’était pas très beau à voir. Même si je sentais bien que rien n’était cassé, impossible de poser mon pied par terre. NYU a un centre hospitalier réservé aux élèves mais il est malheureusement fermé le dimanche (étrange puisqu'aux dernières nouvelles, on ne se fait pas moins mal le weekend…). Par un heureux hasard, ma coloc Sara qui n’arrête pas de faire des allers-retours à l’hôpital depuis le début du semestre avait une paire de béquilles dans sa chambre : elle me les a gentiment prêtées. Elle m’a un peu sauvé la vie parce que bien que ce soit un dimanche, il fallait absolument que je sois capable de sortir ce jour là.
Car ce jour là, je suis allée voir The Book of Mormon. C’est LA comédie musicale que je voulais voir à tout prix en venant à New York. Elle a été créée en 2010 et a tout raflé aux Tony Awards de 2011. C’est le plus grand succès de ces 5 peut-être 10 dernières années sur Broadway. Les séances sont complètes des semaines en avance et les places ne sont bien sûr jamais en promotion puisque le théâtre se remplit à une vitesse phénoménale. J’ai acheté une place vers la fin du mois de février, il était donc hors de question de rater ça ! Le spectacle était extraordinaire. Je comprends mon prof de Business of Broadway quand il dit que les mots manquent pour décrire The Book of Mormon. C’est l’histoire de jeunes mormons qui partent pour leurs deux années de « mission » à travers le globe. Les deux personnages principaux se retrouvent en Ouganda et sont confrontés à beaucoup d’obstacles dans leur mission d’évangélisation. Et même si ça n’en a pas l’air dit comme ça, c’est à mourir de rire. Il y a une satire évidente des Mormons mais aussi des Américains en général (qu’en gros, leur connaissance de l’Afrique se limite au Roi Lion)… Toutes les scènes sont plus hilarantes les unes que les autres, les décors sont très beaux et la dizaine d’acteurs qui jouent les mormons sont inoubliables. La pièce est irrévérencieuse au possible et peut choquer parfois mais l’ambiance reste bon enfant. Aucun regret d’avoir payé une place hors de prix et d’avoir attendu si longtemps !
Lundi, malgré la glace que j'avais appliquée dessus, ma cheville était toujours assez gonflée donc je suis allée au Health Center de NYU. J’ai vu une infirmière puis un médecin qui a préféré que je fasse une radio pour vérifier que rien n’était cassé. R.A.S, c’était juste une mauvaise entorse. Ils m’ont donnée une attelle et roule ma poule ! Hier (jeudi), je n’avais déjà plus besoin de béquilles mais je garde l’attelle pour éviter de me retorde la cheville. Finalement, cette petite blessure m'aura permis de travailler mes listes de vocabulaire en anglais : béquilles, attelle, entorse, se tordre la cheville...
On sent bien que ce sont les vacances scolaires en France : les rues sont pleines de Français. Où que j'aille je tombe sur des familles ou sur des groupes de lycéens. Ce sont souvent ceux qui râlent ou qui parlent le plus fort...toujours aussi peu reluisante l'image des Français à l'étranger.
En ce moment, je suis tiraillée. D’un côté, les partiels approchent et j’ai pas mal de travail notamment trois dossiers à rendre. Il ne me reste qu’une semaine de cours, après c’est les examens. De l’autre, je réalise qu’il ne me reste que peu de temps à New York et il y a encore tellement de choses que je veux voir ! Mais les allergies sont elles aussi bien présentes et servent en sorte de régulateur de mon temps passé à l'extérieur !

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